L’IRM de la verge intrigue souvent, mais c’est un examen très ciblé.
Avant de prendre rendez-vous, vous vous demandez sans doute à quoi il sert et comment il se déroule. Cet article répond à vos questions, de la préparation jusqu’aux résultats.
IRM de la verge : indications et limites de cet examen

L’IRM de la verge montre en détail les corps caverneux, l’albuginée et les tissus voisins, sans recourir aux rayons X.
C’est un examen spécialisé. On le demande surtout pour une maladie de Lapeyronie, un traumatisme sans suspicion de fracture aiguë, certains troubles de l’érection, un priapisme, une tumeur ou une complication d’implant pénien.
La demande doit donc dire quel problème on cherche à résoudre. Un protocole pour une plaque de Lapeyronie n’a pas les mêmes objectifs qu’un examen demandé après un traumatisme ou pour une anomalie des vaisseaux.
Déroulement d’une IRM pénienne : préparation, durée et injections
L’examen se déroule en général allongé sur le dos, une antenne étant placée au niveau de la verge. Plusieurs séries d’images sont acquises pendant que vous restez parfaitement immobile.
La durée varie selon le protocole, la nécessité d’une injection et votre coopération. Une IRM pénienne dure souvent entre 15 et 30 minutes, mais le temps total passé sur place peut être nettement plus long.
La salle abrite un aimant puissant. Il faut donc signaler avant l’examen, même si l’objet se trouve loin de la verge, tout pacemaker, implant ou éclat métallique, tout dispositif médical et tout tatouage récent ou piercing.
Les précautions avant l’examen
Un questionnaire de sécurité est rempli avant l’IRM. Il sert à repérer les implants, dispositifs médicaux ou objets métalliques incompatibles, les antécédents chirurgicaux et les situations qui demandent un avis radiologique.
Une préparation particulière n’est pas toujours nécessaire. Le jeûne, le dosage de la créatinine ou une consigne concernant la vessie dépendent du protocole et d’une éventuelle injection : mieux vaut donc suivre les instructions du centre.
Il est également utile de signaler, avant l’examen, une réaction antérieure à un produit de contraste, une insuffisance rénale, une maladie sanguine ou un traitement en cours. Ces éléments permettent d’adapter l’examen et de limiter les risques.
Il faut se déshabiller selon les consignes, puis retirer montre, bijoux, téléphone, carte bancaire et tout vêtement comportant du métal. Le personnel indique ensuite les effets personnels pouvant entrer dans la salle.
La claustrophobie, une douleur importante ou une difficulté à rester immobile doivent être signalées dès la prise de rendez-vous. Une solution adaptée peut alors être discutée, notamment si une sédation est envisagée.
Le rôle des injections
Deux injections différentes peuvent être envisagées, avec des objectifs distincts. Le gadolinium est habituellement injecté dans une veine, tandis que la prostaglandine est injectée dans un corps caverneux.
La prostaglandine provoque une érection temporaire. Elle est utilisée lorsque le radiologue doit analyser la verge en érection, notamment pour mieux évaluer une courbure ou une plaque de Lapeyronie.
Cette injection intracaverneuse présente quelques particularités : elle est réalisée avec une aiguille fine, généralement quelques minutes avant les acquisitions. Elle n’est pas systématique et n’est habituellement pas utilisée lorsqu’une fracture de verge est suspectée.
Après l’examen, l’équipe vérifie que l’érection provoquée par l’injection régresse.
Attention : une érection prolongée et douloureuse doit être signalée rapidement, car elle nécessite une prise en charge médicale.
Un petit hématome ou une douleur au point de ponction peuvent survenir après l’injection de prostaglandine. Une réaction au gadolinium reste possible, et une insuffisance rénale sévère peut conduire à modifier ou à éviter cette injection.
Maladie de Lapeyronie : l’IRM cartographie les plaques
La maladie de Lapeyronie est une fibrose de l’albuginée. Cette membrane entoure les corps caverneux. Elle peut provoquer une douleur, une courbure, un raccourcissement ou un rétrécissement de la verge en érection.
Le diagnostic repose d’abord sur les symptômes et l’examen de la verge. L’examen clinique permet aussi d’évaluer la déformation en érection. Une photographie, prise selon les consignes de l’urologue, aide à mesurer la courbure.
L’IRM peut cartographier les plaques. Elle précise leur nombre, leur taille, leur localisation et leur extension. Elle permet de les voir même lorsqu’une plaque est peu visible ou difficile à palper.
L’injection de prostaglandine permet parfois d’obtenir des images en érection. Le radiologue observe alors la déformation et les structures responsables. Toutefois, l’IRM ne permet pas, à elle seule, de mesurer la gêne sexuelle ressentie.
Une plaque calcifiée peut être moins bien étudiée par l’IRM. L’échographie, notamment l’écho-doppler, apporte des informations complémentaires. Elle renseigne sur les calcifications et sur la circulation sanguine.
Traumatisme de la verge : l’urgence passe avant l’imagerie
Une fracture de verge correspond à une rupture de l’albuginée d’un corps caverneux pendant l’érection. Elle survient souvent après un traumatisme avec torsion brutale. Elle exige un avis urologique urgent.
Les signes typiques associent :
- un craquement
- une douleur immédiate
- une détumescence rapide
- un gonflement
- un hématome
Une difficulté à uriner, du sang dans les urines ou un saignement par l’urètre peuvent signaler une lésion urétrale associée à la fracture.

En cas de suspicion de fracture, rendez-vous aux urgences sans attendre une IRM. L’examen clinique guide la décision. L’imagerie ne doit pas retarder une réparation quand la fracture paraît évidente.
Aucune injection intracaverneuse n’est nécessaire pour rechercher une fracture. Le protocole vise l’hématome, la rupture de l’albuginée et une éventuelle atteinte urétrale.
Un traumatisme moins spectaculaire peut provoquer un hématome ou une lésion fibreuse. Consultez sans tarder si vous constatez :
- une douleur persistante
- une déformation nouvelle
- un trouble de l’érection
Accéder à une IRM pénienne : prescription, coût et résultats
Une IRM pénienne se fait sur prescription médicale. Le plus souvent, elle découle d’un avis urologique. L’ordonnance doit indiquer le symptôme, le contexte et la question à laquelle l’examen doit répondre.
Trouver un centre et préparer le rendez-vous
Contactez un centre d’imagerie qui réalise les examens urologiques ou péniens. Au moment de la prise de rendez-vous, précisez le motif, la présence éventuelle d’un implant et la demande d’injection inscrite sur l’ordonnance.
Le tarif dépend de l’acte réalisé, du secteur du professionnel et des éventuels dépassements. L’Assurance Maladie rembourse les actes d’imagerie sur une base conventionnelle. Une complémentaire peut couvrir tout ou partie du ticket modérateur.
Une participation forfaitaire de 2 € s’applique notamment aux actes de radiologie. Pour certains actes lourds dont le tarif atteint au moins 120 €, un forfait pouvant aller jusqu’à 32 € peut remplacer le ticket modérateur. Des exonérations existent selon votre situation.
Comprendre le compte rendu
Le radiologue décrit les structures examinées. Il indique la présence ou l’absence de plaque, sa localisation et son étendue. Il signale aussi les traces de traumatisme et les anomalies associées.

Les images et un compte rendu vous sont remis selon les modalités du centre. Prenez ensuite rendez-vous avec le médecin prescripteur. Il explique les termes techniques et propose la suite adaptée.
Devant une torsion brutale suivie d’un craquement et d’une douleur immédiate, rendez-vous aux urgences sans attendre un créneau d’IRM : l’imagerie ne doit jamais retarder la prise en charge d’une fracture de verge.





