Un scanner vient d’être prescrit. Le pacemaker implanté pose aussitôt la même question : l’examen est-il sans risque ?
Cet article fait le point sur le scanner et le pacemaker, et sur les démarches à faire avant l’examen.
Scanner et pacemaker : l’examen reste généralement possible

En bref, oui. Un scanner reste généralement possible en présence d’un pacemaker, car il utilise des rayons X et non un champ magnétique. Le dispositif ne constitue pas, à lui seul, une contre-indication à un examen indiqué médicalement.
Le scanner utilise des rayons X, et non un champ magnétique. Le risque d’interférence avec le stimulateur est généralement faible. Il augmente lorsque le faisceau irradie longuement le boîtier.
Le risque concerne surtout une perturbation temporaire du fonctionnement électronique, plus probable lorsque le faisceau irradie longuement le boîtier. Elle peut provoquer une inhibition momentanée de la stimulation, une modification transitoire des réglages ou, plus rarement, un redémarrage.
Un scanner de perfusion, une procédure guidée par scanner ou toute acquisition maintenant le faisceau sur le boîtier longtemps demande davantage de vigilance. Une surveillance adaptée peut alors être nécessaire.
Prévenir l’équipe permet d’adapter le scanner au pacemaker
Oui, signaler le pacemaker avant l’examen permet de préparer un protocole adapté. Deux étapes suffisent. D’abord, transmettre l’information au médecin qui prescrit le scanner et à l’équipe d’imagerie lors de la prise de rendez-vous. Ensuite, la rappeler sur place le jour de l’examen.
La carte d’identification du dispositif indique la marque, le modèle, la date d’implantation et les sondes. Présentez-la avec l’ordonnance et les anciens comptes rendus.
Le protocole et la surveillance
Le protocole consiste généralement à éviter d’inclure le boîtier dans le champ d’exploration, lorsque cela reste compatible avec la question médicale. Si la zone doit être étudiée, la dose et la vitesse d’exposition sont ajustées au niveau nécessaire. Les images restent ainsi interprétables.
Une surveillance renforcée peut être prévue si le boîtier se trouve dans le champ direct. Elle peut aussi l’être si la stimulation est fortement sollicitée. Les modalités relèvent de l’équipe médicale.
Pendant et après l’examen
Pendant le scanner, signalez immédiatement tout malaise, étourdissement, palpitation ou sensation inhabituelle. Ces symptômes restent rares. Ils justifient toutefois l’arrêt ou l’adaptation de l’examen.
Après le scanner, le suivi habituel du pacemaker suffit généralement. Signalez tout de même l’examen lors du prochain contrôle du dispositif. Son fonctionnement pourra ainsi être vérifié.
Jeûne et injection : les consignes varient selon le scanner
Non. La présence d’un pacemaker ne modifie généralement ni le jeûne ni les précautions liées au produit de contraste. La préparation dépend surtout de la région examinée, de l’injection prévue et du protocole du service.
Un scanner sans injection ne demande généralement pas de préparation particulière. Le jeûne systématique n’est pas recommandé pour la plupart des examens. Les traitements habituels ne doivent pas être interrompus sans consigne médicale.
Le jeûne selon l’examen
Les consignes de jeûne varient selon l’examen. Un jeûne n’est généralement pas systématique pour une injection. Certains protocoles abdominaux demandent toutefois de ne pas manger pendant quelques heures.
En pratique, la consigne écrite remise par le service d’imagerie prévaut. Elle précise la durée du jeûne, la possibilité de boire de l’eau, la prise des médicaments et l’heure d’arrivée.
Produit de contraste
Avant une injection, plusieurs éléments doivent être signalés :
- Réaction antérieure : une réaction à un produit de contraste iodé doit être décrite, même si elle remonte à plusieurs années.
- Fonction rénale : une créatininémie ou un débit de filtration glomérulaire peuvent être demandés chez les personnes ayant une maladie rénale, un diabète ou d’autres facteurs de risque.
- Traitements : la metformine et certains médicaments nécessitent une consigne spécifique selon la fonction rénale et le protocole retenu. Aucun traitement ne doit être arrêté de sa propre initiative.
- Grossesse possible : elle doit être signalée avant un examen utilisant les rayons X, afin que la justification et les paramètres soient réévalués.

Une sensation de chaleur diffuse ou un bref goût métallique peut survenir pendant l’injection. Une gêne respiratoire, un gonflement, une éruption étendue ou un malaise doivent être signalés immédiatement à l’équipe.
IRM et pacemaker : la compatibilité dépend du dispositif
Oui, une IRM peut parfois être réalisée avec un pacemaker. La compatibilité dépend toutefois de l’ensemble du dispositif. Il faut vérifier le boîtier, les sondes, les éventuelles sondes abandonnées et les conditions prévues par le fabricant.

L’IRM fonctionne avec un champ magnétique puissant et des ondes de radiofréquence. Le scanner, lui, utilise des rayons X. Ces champs peuvent modifier le fonctionnement du stimulateur ou provoquer un échauffement au niveau des sondes.
Vérifier le dispositif
Avant une IRM, le dispositif doit être identifié précisément. La carte du pacemaker et le compte rendu d’implantation permettent de vérifier le modèle, les sondes et les conditions de sécurité applicables.
La décision peut changer dans plusieurs situations :
- une implantation récente
- une sonde défectueuse ou abandonnée
- un modèle sans étiquetage IRM
- la présence d’un autre implant
La compatibilité se vérifie donc au cas par cas, avant la prise de rendez-vous.
Les autres solutions
Un scanner peut constituer une solution de remplacement pour certaines indications lorsque l’IRM ne peut pas être réalisée. Le choix dépend toutefois de l’organe étudié, de la question médicale et de la qualité d’image recherchée.
Pour éviter un report, signalez dès la demande qu’un pacemaker est implanté. Fournissez aussi les informations disponibles sur le boîtier et les sondes.
Références
Le boîtier peut être exclu du champ d’exploration lorsque cela reste compatible avec la question médicale. Cette adaptation détermine le protocole et le niveau de surveillance, sans remettre en cause la réalisation du scanner.





