Votre IRM pelvienne tombe pendant vos règles, et le doute s’installe. Faut-il l’annuler ou le garder ?
Cet article fait le point sur la question et sur la préparation à suivre.
IRM pelvienne pendant les règles : vous pouvez souvent garder le rendez-vous
En pratique, les règles ne contre-indiquent généralement pas une IRM pelvienne. Le sang menstruel ne rend pas l’examen dangereux et ne gêne généralement pas l’acquisition des images. Pour rechercher une endométriose, aucune période du cycle n’est recommandée. En cas de recherche d’adénomyose, la zone de jonction peut toutefois paraître épaissie pendant les règles, sans rendre l’examen inutilisable. Le rendez-vous peut donc souvent être conservé.
Le cas de l’adénomyose
Une nuance concerne l’adénomyose. Il s’agit de la présence anormale de tissu endométrial dans le muscle de l’utérus. Pendant les règles, la zone de jonction entre l’endomètre et le muscle peut paraître épaissie. Cet effet est temporaire.
Cette modification complique parfois l’analyse. Elle ne rend pas l’examen inutilisable. Si l’IRM recherche surtout une adénomyose, demandez au centre si son protocole prévoit un moment particulier.
Protections menstruelles et objets
Une protection menstruelle externe se conserve habituellement si elle ne contient aucun élément métallique. Les objets métalliques se retirent également.
Signalez une cup, un tampon ou toute protection particulière au manipulateur. Le centre vous indiquera la marche à suivre.
La préparation dépend surtout du motif de l’IRM pelvienne
La préparation varie selon la question posée par le médecin. Une IRM prescrite pour une douleur, une masse ovarienne, une malformation ou une endométriose ne suit pas toujours le même protocole. Les consignes remises par le centre priment donc sur les recommandations générales.
Pour une recherche d’endométriose, quatre points de préparation reviennent le plus souvent :
- Jeûne : un jeûne de trois à six heures est généralement recommandé. Il limite le péristaltisme, ces mouvements de l’intestin qui peuvent créer des artefacts et gêner la lecture des images. Le centre précise la durée du jeûne et les boissons autorisées.
- Préparation digestive : un lavement ou un suppositoire peut être proposé pour réduire le contenu du rectum et mieux analyser une éventuelle atteinte digestive. Elle n’est pas systématique, mais elle est souvent proposée lorsqu’une endométriose profonde est recherchée.
- Vessie : elle doit généralement être modérément remplie. Il est souvent demandé d’uriner une à deux heures avant l’examen, puis de boire selon les instructions reçues. Une vessie trop pleine ou complètement vide peut gêner l’analyse de certaines structures.
- Antispasmodique : un médicament peut être administré pour ralentir temporairement les mouvements intestinaux et stabiliser les organes pendant l’acquisition des images. Cette injection ne correspond pas au gadolinium. Signalez-la en cas d’allergie connue ou de contre-indication particulière, notamment un phéochromocytome ou certaines maladies digestives.
Les implants métalliques et l’injection doivent être signalés
Implants et corps métalliques
Le questionnaire préalable recense notamment les implants et les corps métalliques, afin de vérifier les conditions de sécurité de l’IRM.
Signalez notamment :
- un pacemaker ou un défibrillateur
- un neurostimulateur
- une pompe implantée
- un implant cochléaire
- une valve cardiaque
- un clip vasculaire
- un corps étranger métallique, surtout s’il se situe près de l’œil ou du cerveau
Un implant n’interdit pas toujours l’IRM. Certains dispositifs sont compatibles sous conditions. Des réglages ou des limites précises s’appliquent alors.
L’équipe doit connaître la marque, le modèle et la date de pose de l’implant. Si possible, présentez la carte d’identification. Une vérification préalable peut être nécessaire.

Objets métalliques externes
Les objets métalliques se retirent avant l’entrée dans la salle :
- bijoux, lunettes et montre
- téléphone, clés et cartes magnétiques
- barrettes et ceinture
- vêtements comportant des fermetures métalliques
Le centre peut vous demander de revêtir une blouse, notamment si vos vêtements comportent des éléments métalliques.
Injection de gadolinium
Pour rechercher les localisations habituelles d’une endométriose, l’examen sans injection suffit souvent. Le gadolinium peut être proposé pour caractériser une masse annexielle complexe, un endométriome atypique ou certaines atteintes de la paroi ou des nerfs.
L’examen sans injection suffit souvent pour rechercher les localisations habituelles. Une injection peut être proposée pour caractériser une masse annexielle complexe. Elle sert aussi pour un endométriome atypique ou certaines atteintes de la paroi ou des nerfs.
Avant toute injection, signalez :
- une réaction antérieure à un produit de contraste
- une maladie rénale connue
- une grossesse possible ou un projet de grossesse
Le gadolinium traverse le placenta. Son utilisation pendant la grossesse doit répondre à une nécessité médicale stricte. Le radiologue évalue alors le bénéfice attendu et la dose nécessaire.
Une injection peut provoquer une gêne au point de ponction, des nausées ou une réaction d’hypersensibilité. Les réactions graves restent rares.
Attention : si vous ressentez une douleur importante au bras, une difficulté à respirer, un malaise ou des démangeaisons, prévenez immédiatement l’équipe.
Une IRM experte précise l’endométriose sans exclure toutes ses formes
Place de l’IRM dans le parcours
L’IRM pelvienne complète généralement l’examen clinique et l’échographie, selon le motif de l’examen. Elle peut être utile lorsque l’échographie est négative, douteuse ou impossible à réaliser, mais une IRM normale n’exclut pas toutes les formes d’endométriose.
Le protocole utilise des séquences adaptées aux tissus pelviens. Les séquences pondérées T1 et T2 donnent des informations sur le sang, les ovaires, l’utérus et les tissus profonds. Une préparation digestive et une vessie modérément remplie rendent souvent les images plus lisibles.
Limites d’une IRM normale
Une IRM normale réduit la probabilité d’une endométriose profonde visible. Elle n’exclut pas toutes les formes de la maladie. Les lésions superficielles restent difficiles à voir. Certaines atteintes débutantes aussi. Les symptômes gardent donc leur importance dans l’évaluation globale.
Quand prévenir le centre
Un contact préalable avec le centre est nécessaire dans cinq situations :
- règles très abondantes
- impossibilité de suivre la préparation digestive
- grossesse certaine ou possible
- implant médical
- doute sur le protocole à suivre
Le centre peut préciser, adapter ou reprogrammer le protocole. Ce choix dépend du motif de l’examen.
Pour l’essentiel, une IRM normale ne suffit pas à écarter une endométriose. Les lésions superficielles restent difficiles à visualiser, et les symptômes conservent leur importance. Si les douleurs persistent malgré un examen sans anomalie, l’évaluation globale reste à poursuivre.





